Les montagnes russes émotionnelles décrivent bien ce que plusieurs personnes vivent pendant les traitements : un matin d’espoir, un après-midi de découragement, puis un moment de calme inattendu, sans transition claire entre ces états. Ce va-et-vient peut être déstabilisant, autant pour la personne qui le vit que pour son entourage.
Cet article explique pourquoi ces variations émotionnelles surviennent pendant les traitements, ce que montre la recherche sur leur évolution dans le temps, et comment le toucher peut aider à retrouver un peu de stabilité entre les hauts et les bas.
Pourquoi les émotions varient autant pendant les traitements
Le corps et l’esprit traversent, en même temps, plusieurs bouleversements : les effets physiques des traitements, les changements d’horaire, l’incertitude face aux résultats, et parfois des ajustements dans les relations avec les proches. Chacun de ces éléments peut influencer l’humeur, et leur combinaison explique en partie pourquoi les émotions semblent parfois changer d’heure en heure.
Les fluctuations hormonales liées à certains traitements, la fatigue accumulée et les variations dans la qualité du sommeil jouent aussi un rôle dans cette instabilité émotionnelle, qui n’est donc pas uniquement de nature psychologique.
Ce que montre la recherche sur les montagnes russes émotionnelles
Une étude longitudinale menée auprès de 192 femmes chinoises atteintes d’un cancer du sein avancé a suivi leur niveau de détresse psychologique — anxiété et dépression combinées — sur une période de douze mois. Les chercheurs ont identifié quatre trajectoires distinctes : la majorité des participantes (68 %) maintenaient un niveau d’anxiété stable et relativement bas tout au long du suivi, tandis qu’environ une femme sur onze présentait une anxiété chroniquement élevée.
Ce constat est rassurant à sa façon : la plupart des personnes en traitement ne vivent pas une détresse constamment élevée, même si des variations ponctuelles surviennent. Cela dit, un sous-groupe vit une détresse plus persistante, ce qui souligne l’importance de nommer ce vécu plutôt que de le minimiser, autant pour soi-même que face à l’équipe soignante.
Reconnaître ses propres variations sans les juger
Remarquer un changement d’humeur soudain, sans chercher immédiatement à l’expliquer ou à le contrôler, peut déjà alléger une partie de la charge. Se dire simplement «voilà que ça monte» ou «voilà que ça redescend», comme on observerait la météo, permet de prendre un peu de recul sans nier ce qui est ressenti.
Il n’est pas nécessaire de comprendre immédiatement pourquoi une vague d’émotion survient à un moment précis. Certaines variations n’ont pas de déclencheur évident, et c’est tout à fait normal dans un contexte aussi exigeant pour le corps et l’esprit.
Le rôle du toucher entre les vagues
Le toucher, qu’il vienne d’un massage professionnel ou d’un geste simple comme masser ses propres mains, offre un point d’ancrage physique stable, peu importe l’état émotionnel du moment. Cette stabilité sensorielle peut contraster utilement avec l’instabilité ressentie sur le plan émotionnel, offrant un repère fiable au milieu des variations.
Une séance de massage ne va pas éliminer les montagnes russes émotionnelles, mais elle peut offrir un espace où, pendant un moment, le corps reçoit une attention constante et prévisible, ce qui peut avoir un effet apaisant en soi.
Des gestes à intégrer entre les séances
Créer un petit rituel corporel simple — masser ses mains, poser une compresse tiède sur les épaules, prendre quelques respirations profondes — peut devenir un repère stable à utiliser lors des moments plus difficiles, peu importe le moment de la journée où ils surviennent.
Tenir un très court journal des variations émotionnelles ressenties, sans obligation d’écrire longuement, peut aussi aider à repérer certains motifs avec le temps, comme un lien avec la fatigue, le sommeil ou certains rendez-vous à venir.
Quand ces variations deviennent trop lourdes à porter seul
Si les montagnes russes émotionnelles s’intensifient au point de nuire au sommeil, à l’appétit ou à la capacité de fonctionner au quotidien, ou si un état de découragement marqué persiste sur plusieurs semaines sans variation, il est temps d’en parler à l’équipe soignante. Un soutien en psycho-oncologie existe précisément pour accompagner cette dimension du parcours.
Ce n’est pas un échec de demander cette aide. Selon les données disponibles, une détresse persistante et chronique touche un sous-groupe significatif de personnes en traitement, et un accompagnement adapté peut faire une réelle différence dans leur qualité de vie.
Questions fréquentes — montagnes russes émotionnelles
Est-ce normal de passer du rire aux larmes en quelques heures?
Oui, c’est une expérience fréquente pendant les traitements. Ces variations rapides reflètent souvent l’ampleur des bouleversements physiques et émotionnels vécus simultanément, et ne signifient pas qu’il y a un problème plus grave.
Est-ce que ces variations vont s’atténuer avec le temps?
Selon les données disponibles, la majorité des personnes maintiennent un niveau de détresse relativement stable au fil du parcours, mais l’évolution varie grandement d’une personne à l’autre. Certaines ressentent un apaisement progressif, d’autres non.
Le massage peut-il vraiment aider avec les variations émotionnelles?
Il peut offrir un moment d’ancrage stable pendant une période autrement imprévisible, sans pour autant éliminer les variations elles-mêmes. C’est un outil complémentaire, pas une solution unique.
Que faire si je ne comprends pas pourquoi mon humeur change autant?
Ce n’est pas nécessaire de toujours comprendre la cause. Nommer simplement ce qui est ressenti, sans jugement, peut déjà aider à mieux le traverser.
À partir de quand devrais-je consulter pour ces variations émotionnelles?
Si elles nuisent de façon marquée au sommeil, à l’appétit ou aux activités quotidiennes, ou si un état difficile persiste sans variation pendant plusieurs semaines, il est temps d’en parler à l’équipe soignante.
S’entourer sans se sentir jugée
Choisir avec qui partager les moments plus difficiles, plutôt que de tenter d’expliquer chaque variation d’humeur à tout le monde, peut réduire une charge émotionnelle supplémentaire. Certaines personnes préfèrent garder ces moments plus intimes pour un cercle restreint, ce qui est tout à fait légitime et ne diminue en rien la qualité du soutien reçu.
Il est aussi utile de préparer, à l’avance, une courte phrase pour les moments où l’énergie manque pour expliquer ce qui se passe : «ce n’est pas un bon moment pour en parler, mais ça va aller» peut suffire à protéger un peu d’espace sans avoir à se justifier davantage.
Le rôle du corps dans la régulation émotionnelle
Le système nerveux dispose de mécanismes naturels pour revenir à un état plus calme après une vague émotionnelle intense, un peu comme un pendule qui finit par ralentir après une poussée. Ces mécanismes fonctionnent mieux lorsque le corps reçoit des signaux de sécurité, comme une respiration lente, un contact physique rassurant ou un environnement calme.
Comprendre que le corps possède cette capacité naturelle de régulation, même si elle prend parfois plus de temps à s’activer dans un contexte aussi exigeant que les traitements, peut apporter un certain réconfort. Ce n’est pas nécessaire de forcer le retour au calme : le corps y arrive généralement, à son propre rythme, surtout quand on lui offre les bonnes conditions pour le faire.
Retrouver un point d’ancrage au milieu des vagues
Montagnes russes émotionnelles ou non, ce parcours n’a pas à être traversé seul. Le corps, avec ses gestes simples et ses moments de toucher, peut devenir un allié stable quand tout le reste semble en mouvement constant.
Si tu sens que le moment est juste pour être accompagnée avec douceur, tu peux prendre rendez-vous ici.
